Top14 - Toulon - 16/08/2013

Compte rendu du match

Il s’en est fallu de peu

 
Temps clair, air frais, petite brise, conditions idéales pour jouer au rugby. Ajoutez à cela un stade comble, un esprit de fête, la réception du champion d’Europe en titre, et vous obtenez les ingrédients parfaits pour une reprise. Car oui, après deux mois de trêve, le TOP 14 reprend ses droits. Et de quelle manière ! Montpellier – Toulon en levé de rideau, ça c’est du costaud, et personne ne dira le contraire. Surtout pas nos cistes qui après deux mois de préparation commencent déjà par un morceau de choix. Car même si le RCT est privé de ses recrues sudistes, il n’en reste pas moins un épouvantail à l’ambition débordante.  Mais de l’ambition le MHR n’en manque pas non plus, c’est pourquoi cette rencontre avait de quoi sentir la poudre. Avec un stade chauffé à blanc, et des stars sur la pelouse tout était réuni pour vivre une rencontre de gala.
 
Et le début de match confirmait cette impression. Après un coup d’envoi récupéré les joueurs du MHR imposaient déjà une grosse séquence au près par le biais de ses avant, histoire de montrer qui était le patron. Et pour être présents, les joueurs à la fleur de ciste étaient bien présents, car après un nouveau ballon récupéré dans un ruck, et après plusieurs temps de jeux avec les gros, le chef d’orchestre du MHR, François Trinh-Duc, éjectait au large pour que deux passes plus tard Yoan Audrin puisse filer à l’essai le long de la ligne de touche. Essai transformé, 7-0 après 5 minutes. Il y’a pire comme départ. Un MHR agressif, qui récupérait beaucoup de ballons au sol, de quoi enflammer les travées d’Yves Du Manoir. En face, les toulonnais eux, ne paraissaient pas sereins en ce début de match, pris dans l’engagement, et auteurs de certaines maladresses peu habituelles pour le champion d’Europe en titre. Un champion d’Europe pénalisé sur sa propre mêlée et qui offrait donc la possibilité pour Jonathan Pélissié de réussir son deuxième coup de pied de la soirée. 10-0 après 23 minutes de jeu. Et ça forcément ça agace le géant de la rade dont le troisième ligne Virgile Bruni écopait sur le renvoi d’un carton jaune pour un plaquage en l’air sur Alexandre Bias. Mais alors qu’on pensait les toulonnais légèrement désemparés, une succession de temps de jeu leur permit d’inscrire leurs premiers points grâce à une pénalité de leur capitaine, Sir Jonny Wilkinson. 10-3 à la 27ème minute. Seulement , en face, le pack héraultais faisait des merveilles (à un de plus certes), et emportait tout sur son passage pour offrir une nouvelle pénalité à son numéro 9, qui ajoutait 3 nouveaux points. 13-3 à 10 minutes de la mi-temps.  Mais, voilà, il n’en faut pas plus pour réveiller des toulonnais jusque là légèrement endormis. Et une prise d’intervalle de Matt Giteau sur l’aile gauche envoyait Delon Armitage à dame, avant que l’essai ne soit refusé à la vidéo. Avertissement sans frais. Après un dernier temps fort toulonnais dans les 22 mètres montpelliérains, nos cistes récupéraient le ballon pour l’éjecter dans les tribunes, et rentrer aux vestiaires avec ces 10 points d’avance.
 
La deuxième mi-temps permettait à Toulon de grignoter son retard d’entrée, avec une pénalité convertie par Jonny Wilkinson à la 42ème minute. 13-6.
Mais un placage dans l’en-but, et une mêlée à 5 mètres plus tard, le travail des gros devait, aurait dû, permettre à Yoan Audrin de marquer son deuxième essai de la soirée, en vain. Voilà déjà une occasion de ratée, et à ce niveau là ça peut coûter cher. Suivie d’une pénalité manquée dans la foulée par Pélissié et le MHR laissait filer 10 points en deux minutes. On a coutume de dire jamais deux sans trois, mais François Trinh-Duc ne laissa pas filer la troisième occasion de scorer en claquant un drop à la 52ème minute pour permettre au MHR de mener 16-6. Un tampon de l’ouvreur international pour mettre son vis-à-vis anglais sur les fesses, suivi d’une superbe touche trouvée près des 22 adverses, suffisaient pour exciter les supporters à la fleur de ciste. 
De quoi énerver les rouges et noirs, qui a défaut d’être dans l’action étaient dans la réaction, et qui obtenaient une pénalité transformée par Jonny Wilkinson. 16-9 à la 58ème minute.
Le chassé-croisé pouvait continuer une minute plus tard, Benoît Paillaugue fraîchement entré en jeu réussissait un magnifique coup de pied de 50 mètres, pour redonner 10 points d’avance aux siens. MHR 19-9 RCT, alors que les 15 000 supporters de Du Manoir entamaient une « ola » de qualité. Oui le spectacle était aussi dans les tribunes. 
Comme depuis le début du deuxième acte, dès qu’une équipe marquait des points, la réplique adverse ne se faisait pas attendre. Ainsi à la 63ème minute, une nouvelle pénalité de Wilkinson permettait au RCT de réduire encore une fois l’écart, 19-12.
Ecart qui augmentait à nouveau suite à une nouvelle pénalité de Benoît Paillaugue 3 minutes plus tard. 22-12, et revoilà le MHR à l’abri d’un essai transformé.
Après une nouvelle pénalité de Wilkinson, et alors qu’on entrait dans une certaine lassitude, une interception mal venue de Maxime Mermoz remettait les deux équipes à égalité à 10 minutes du terme de la rencontre. De quoi faire monter la pression et l’inquiétude sur les visages héraultais. 
Ne pas gagner ce match aurait été tellement frustrant pour nos cistes, qu’ils employèrent tous les moyens pour changer le cours de la partie, à la recherche d’une brèche, d’une faute. En vain. Et malgré une dernière tentative au pied ratée de Benoît Paillaugue, le score en restait là, 22-22.
 
Décevant certes au vu du match, car n’oublions pas que ces bleus là on fait le jeu et auraient pu (du ?) s’imposer, mais pourtant plein de promesses. Alors non le MHR n’a pas relevé son premier défi de la saison, mais il en est passé tout près.
 
Texte: Adrien Lignières
Photos: Fabrice Chort
 
Composition MHR :
1. Mischa Nariashivili (52ème : 17. Yvan Watremez) – 2. Charles Géli (52ème : 16. Mickaël Ivaldi) – 3. Maximiliano Bustos (42ème : 23. Nicolas Mas) – 4. Jim Hamilton – 5. Robins Tchalé-Watchou (53ème : 18. Thibault Privat) – 6. Fulgence Ouedraogo – 7. Alexandre Bias (59ème : 19. Kélian Galletier) – 8. Alex Tulou (61ème : 19. Aliki Fakaté) – 9. Jonathan Pélissié  (59ème : 20 Benoît Paillauge) – 10. François Trinh-Duc (26ème : 23. Pierre Bérard) – 11. Yohann Artru – 12. Wynand Olivier (53ème : 21. Thomas Combezou) – 13. Anthony Tuitavaké – 14. Yoan Audrin – 15. Anthony Floch
 
Composition RCT :
1. Andrew Sheridan (48ème : 17. Xavier Chocci) – 2. Benjamin Noirot (61ème : 16. Sébastien Bruno) – 3. Carl Hayman (53ème : 23. Martin Castrogiovani) – 4. Bakkies Botha (59ème : 18. Daniel Roussow) – 5. Jocelino Suta – 6. Virgile Bruni – 7. Steffon Armitage (53ème : 21. Pierrick Gunther) – 8. Chris Masoe – 9. Sébastien Tillous-Borde (59ème : 22. Michael Classens) – 10. Jonny Wilkinson (48ème : 21. David Skrela) – 11. David Smith – 12. Matt Giteau – 13. Maxime Mermoz – 14. Vincent Martin (70ème : 23. Jean-Marcelin Buttin) – 15. Delon Armitage (74ème : 22. Regan King)
 
Points MHR :
Drop : Trinh-Duc (52ème)
Pénalités : Jonathan Pélissié (23ème, 30ème), Benoît Paillaugue (59ème, 66ème)
Essais : Yoan Audrin (3ème)
Transformations : Jonathan Pélissié (4ème)
 
Points RCT :
Pénalités : Jonny Wilkinson (27ème, 42ème, 58ème,63ème, 69ème)
Essais : Maxime Mermoz (70ème)
Transformations : Jonny Wilkinson (71ème)
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