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Le sport comme outil de réhabilitation

Mardi 17 Décembre 2013
Dans le cadre de ses multiples activités à caractère social, le Fonds de Dotation du Montpellier Hérault Rugby, par le biais de ses éducateurs, se rend à la prison de Villeneuve les Maguelone afin d’initier les détenus au rugby mais aussi de véhiculer certaines valeurs telles que le respect, la discipline ou encore l’entraide. Interview avec Gabriel et Gaël, stagiaires, qui ont accompagné Robin, éducateur, dans cette expérience inédite pour eux. 
 
Tout d’abord, quelles sont vos premières impressions sur le Fonds de Dotation du MHR et sur la mission qui vous a été confiée ?
 
Gaël : La démarche sociale et caritative est intéressante. Dans ce cas précis, la volonté de la prison de proposer différentes activités avec des intervenants extérieurs montre une volonté d’insertion par le sport qui est en adéquation avec notre mission.
 
Comment s’est passée votre première intervention en maison d’arrêt ?
 
Gabriel : Nous nous sommes déjà rendus à la maison d’arrêt afin de faire le lien entre l’équipe du précédent cycle et la nouvelle. Je dois dire que je n’étais pas rassuré au départ mais que très vite, au premier contact du groupe, j’ai été étonné par leur motivation. Ils ont été avenants, appliqués et même demandeurs de conseils.
 
Gaël : Malgré la méfiance qu’il peut y avoir au premier abord, il faut très vite considérer les détenus comme des sportifs. Cela permet de faciliter les échanges. Nous ne sommes pas là dans un cadre de surveillance, comme peuvent l’être les surveillants ou les moniteurs de sport. Leur participation au cycle rugby est, dans une certaine mesure, une récompense pour leur bonne conduite.  
 
Quelles sont vos premières impressions suite à cette prise de contact ?
 
Gabriel : Mes impressions sont très bonnes. Notre groupe à l’air très motivé ! Lors de notre première séance,  il a plu pendant une demi-heure et les détenus ont absolument tenus à rester dehors et à pratiquer. Après, au niveau rugbystique, lorsque vous prenez 20 personnes au hasard, il y a de tout : des personnes agiles avec un ballon, d’autres pas vraiment, des rapides, des stratèges... Ils ont cependant tous en commun d’être de grands compétiteurs.
 
Comment se déroulent votre stage et vos interventions en prison ?
 
Gaël :  On intervient pendant 6 semaines à raison d’une séance de 2 heures par semaine. On fait du rugby-flag car on n’a pas de terrain adéquat à la pratique du rugby tel quel. Le rugby-flag nous permet d’enlever les phases de contact tout en gardant les autres grands principes de ce sport. Pour la séance, nous faisons d’abord un échauffement où nous sommes tous les trois présents puis chacun à tour de rôle, nous installons les ateliers suivants qui portent sur la technique. Nous finissons ensuite par un match de 45 minutes. 
 
Que pensez-vous que ce stage vous apportera ?
 
Gabriel : Il me permettra d’acquérir plus de maturité et de faciliter mes relations avec les adultes considérés comme « publics compliqués ». Il nous permettra d’appréhender plus facilement les différentes populations auxquelles nous seront confrontés dans l’avenir.
 
Quels sont vos projets futurs ?
 
Gabriel : Je vais finir ma Licence A.P.A. puis je verrais si je m’inscris à un Master ou si je tente autre chose. Je suis tenté par les concours d’ergothérapeute ou de kinésithérapeute mais aussi, pourquoi pas, une carrière en tant qu’éducateur spécialisé.
 
Gaël : Je finis ma licence A.P.A. et ensuite je  tente d’intégrer l’Institut Régional du Travail Social qui me permettrait de passer un diplôme d’Etat et d’acquérir les qualifications dans le secteur social et éducatif. J’aimerais être éducateur spécialisé.