• Fonds de dotation

L'éducation, vecteur social d'intégration et de réussite

Le 28 mars 2018

Le Lycée Pierre Mendès France à Montpellier a cette particularité d’accueillir des élèves venus de tous horizons. C’est un Lycée ayant un dispositif EANA (Elèves Allophones Nouvellement Arrivés). Un allophone est une personne dont la langue maternelle n’est pas celle du pays dans lequel il est accueilli. Si le Fonds de dotation Montpellier Rugby met à disposition des éducateurs pour pouvoir initier et faire découvrir la pratique du rugby à ces jeunes, pour qui souvent, le parcours a été difficile avant d’arriver jusqu’en France, c’est sur le terrain de l’éducation, de la culture et de l’ouverture aux autres que cette fois-ci il est allé puiser son inspiration pour mettre en place un moment d’échanges et de partages. Inspiration dont il est primordial de préciser qu’il l’a trouvé en la personne de Marianne Fagès, enseignante au Lycée Pierre  Mendès France dévouée à « ses petits » comme elle aime à les appeler. Cette enseignante leur fait étudier Badawi pour leur apprendre la langue de Molière. Parce qu’il y est question d’exil. Parce qu’elle est aussi une œuvre autobiographique pleine d’espoir.

Quand Marianne Fagès vient à notre rencontre et nous parle de son projet pédagogique, de ses élèves et de son rêve de pouvoir faire en sorte que ces derniers puissent échanger avec l’auteur, nous nous sommes accordés pour dire que notre chance à nous, au Fonds de dotation Montpellier Rugby, était  d’avoir un président accessible et à l’écoute. L’idée d’inviter ces jeunes à venir assister à un match de rugby et à pouvoir rencontrer Mohed Altrad en personne a vite été actée.

C’est lors du match MHR-Castres, en amont de la rencontre sportive que la rencontre littéraire a eu lieu. L’échange fut intense, riche en émotions et rempli de possibles.  S’ils ne devaient retenir qu’une chose de l’auteur, c’est bien celle-ci : dans la vie, il faut oser, oser provoquer une rencontre, oser croire, oser affronter ses peurs…. 

Ils s’appellent Abdellatif, Sohaib, Oussama, Gleydis, Ibrahim, Hayat, Fatima, Kawtar, Sinan, Ksantina, Kacem, Nuredin, Gilberto, Lesly, Wissam, Shanya et Artem.  Et ils ont porté chance à nos Cistes !

Ils viennent d’Albanie, du Maroc, d’Espagne ou bien encore du Brésil, d’Équateur, du Pérou, d’Algérie, d’Italie, et de Russie. Certains sont en France depuis à peine 6 mois, d’autres un an, un an et demi pour  les plus « vieux ». Ils maîtrisent la langue française. En si peu de temps. Parce que les mots ont parfois le pouvoir de guérir les maux, nous avions envie de partager avec vous le touchant poème de Kacem.

Partir

Comme les oiseaux qui émigrent en hiver

Pour trouver les meilleurs endroits,

Comme eux, je suis venu en France,

La route était longue et dure

Et la force commençait à me manquer

Mais je regardais ma mère et mon frère

Et ils me donnaient la force.

 

Quand je suis arrivé ici, je me suis senti perdu,

Je ne savais pas où aller ni quoi faire,

J'ai souri à ma mère, mais à l'intérieur, j'ai pleuré et pleuré.

Mais ce n'était pas le moment de penser à moi,

Car je portais un lourd fardeau sur mes épaules.

 

Mais le temps est passé

Les choses ont bien changé

Les oiseaux ont trouvé leur place

Dans un pays où il n'y a pas d'hiver

Et dans lequel ils peuvent voler en toute liberté.

Kacem Ferraku


 

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