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Graines de cistes #02 : Pierre Tournebize

Le 01 octobre 2019

Arrivé à Montpellier il y a plus d’un an, Pierre Tournebize fait partie de ces jeunes qui apprennent, chaque jour, au contact des pros. Sérieux et travailleur, le jeune ailier a récemment vu ses efforts être récompensés par une première feuille de match en Top 14, à Agen. Alors qu’il évouait ce week-end avec les Espoirs, Pierre nous fait part de son quotidien au centre de formation.

Pierre, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Pierre Tournebize. J’ai 21 ans et j’ai commencé le rugby à Pont-de-Château, un petit club à côté de Clermont. Cela fait maintenant 11 ans que je joue au rugby et je suis arrivé à Montpellier en 2018.

Tu es donc originaire d’Auvergne. Tu es passé par l’ASM où tu as remporté le championnat Espoir. Pourquoi as-tu décidé de rejoindre Montpellier ?

Pour moi, c’était une belle opportunité. À Clermont, j’étais un petit peu bouché et je ne voyais pas de continuité après le titre Espoir. Montpellier m’a offert la chance de pouvoir côtoyer le monde professionnel. Je l’ai tout de suite saisie !

Avec le recul, es-tu satisfait de ton choix ?

Aujourd’hui, je ne regrette absolument pas ! Récemment, j’ai pu connaître mes premières minutes en Top 14 à Agen. Malgré la défaite, c’était une super expérience que j’ai hâte de renouveler…

Comment s’est passée cette première ?

Je ne pensais pas dormir si bien avant une telle échéance pour moi… Ça s’est plutôt bien passé malgré la défaite qui est venu un peu noircir le tableau. Cela restera quand même une journée particulière. Cela m’a donné un avant-goût du monde professionnel et m’a surtout donné envie de continuer à travailler pour, pourquoi pas, avoir plus de temps de jeu.

Quels liens entretiens-tu avec les pros ?

Aujourd’hui, ça fait une saison que je m’entraîne quotidiennement à leurs côtés. Si je ne suis pas dans le groupe élargi, je redescends le vendredi avec les Espoirs pour jouer avec eux le dimanche. Je fais un peu le « yoyo », mais je m’entraîne très dur pendant la semaine pour pouvoir mettre ça en pratique le week-end, que ce soit avec les pros ou les Espoirs.

Comment se passe la cohabitation avec les autres ailiers de l’équipe première ?

On ne peut pas parler de « concurrence ». Pour moi, il y a encore un fossé entre les jeunes qui montent et les joueurs comme Nemani Nadolo, Jim Nagusa ou Benjamin Fall. Ils nous accompagnent, nous aident ils sont les premiers contents de nous voir joueur nos premiers matchs en Top 14. C’est plus une entraide, l’équipe prime au-delà de la concurrence !

N’est-ce pas trop difficile de basculer entre Top 14 et Espoirs, deux mondes différents ?  

Ça l’est, d’autant plus que cette saison, le championnat Espoir a été rajeuni d’un an. L’écart se creuse de plus en plus. Il faut tout de suite savoir basculer pour revenir à la réalité et faire ses preuves en Espoir pour justement provoquer d’autres opportunités de goûter au Top 14…

As-tu des axes de travail sur lesquels tu penses que tu dois encore progresser ?

Je pense que même le meilleur joueur du monde pourra toujours dire qu’il a des axes de travail. On a tous des points forts à perfectionner et des points faibles à travailler. J’en ai, c’est sûr et je travaille dessus chaque jour avec les coachs et les préparateurs physiques pour pouvoir prétendre au haut niveau.

Est-ce là ton objectif personnel ?

Mon objectif, ce serait de jouer en Top 14, ici à Montpellier. Pouvoir m’affirmer dans une équipe remplie de grands joueurs. Grappiller du temps de jeu à droite à gauche…

Poursuis-tu encore des études en parallèle ?

Bien sûr. Je ne lâche pas les études car c’est important. À tout moment le joli rêve du rugby peut s’arrêter. Aujourd’hui je suis en troisième année d’école de commerce. J’espère valider mon Bachelor à la fin de cette année et poursuivre sur un Master pour me consacrer à 100% au rugby à la fin de mes études, si c’est toujours possible. Si ce n’est pas le cas, je rebasculerai sur une vie « normale ».

Comment parviens-tu à concilier sport de haut niveau et études ?

J’ai la chance d’avoir les cours à distance. Je n’ai aucune obligation de présence. J’organise mon emploi du temps comme je l’entends. Comme je m’entraîne presque tout le temps avec les pros, ça m’est impossible d’être présent en cours. J’ai des objectifs qui sont fixés sur un certain temps  et je m’organise pour travailler par internet.  J’ai validé ma deuxième année comme ça, j’espère que ça va continuer. C’est parfois compliqué quand on rentre de l’entraînement le soir : on est fatigué mais il faut jeter un œil sur les cours pour ne pas être décroché. Il faut savoir lier les deux !

Que fais-tu en dehors du rugby ? As-tu d’autres passions ?

J’aime bien la nature, la chasse, la pêche… J’essaie d’y aller lorsque je rentre chez moi à Clermont. Pour pouvoir me vider la tête, je vais tirer au ball-trap à Poussan, pas très loin d’ici. Ça me permet de décompresser !

 

Crédit photo : Cécile Mella