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Graines de cistes #05 : Luka Azariashvili

Le 04 décembre 2019

Dans la lignée de ses compatriotes, Luka Azariashvili fait partie des éléments les plus prometteurs du centre de formation. Sérieux et travailleur, le jeune géorgien qui a soufflé sa vingtième bougie la semaine dernière, nous parle dans un français parfait du chemin qui l’a mené jusqu’à Montpellier ainsi que de ses ambitions pour lesquelles il se donne toutes les chances.

Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Luka, je suis géorgien et je viens de Tbilissi, la capitale de la Géorgie. J’ai commencé le rugby à l’âge de 12 ans. Ce n’était pas un sport très populaire dans mon pays mais après Mamuka (Gorgodze), tout le monde s’y est intéressé. C’est en le voyant jouer pour Montpellier que j’ai voulu commencer le rugby chez les Lelo Saracens. J’y ai joué quatre ans avant d’arriver ici.

Connais-tu Mamuka ?

Je l’ai rencontré pour la première fois quand on est allé en Corse cet été pour un match amical contre Toulon. Nous avons joué dans le même club en Géorgie. Il m’a dit qu’il était content de me voir jouer à Montpellier. J’étais tellement heureux ! 

Que faisais-tu avant de jouer au rugby ?

J’ai fait un peu de natation puis de la lutte. J’ai également été danseur pendant 5 ans. C’était de la danse folklorique géorgienne. Je ne saurais plus la danser… C’est difficile, il faut être très souple et j’ai un peu perdu…

Comment s’est passée ton arrivée au MHR ?

Comme je l’ai dit, mon objectif était de venir ici par rapport à Mamuka. On peut dire que c’était mon rêve mais je savais que j’y arriverais. La première semaine a été difficile, je me posais beaucoup de questions… C’est difficile de quitter sa famille quand on a seize ans mais j’ai fini par trouver les réponses à mes questions : si tu as envie de quelque chose dans la vie, il faut rester fort pour pouvoir s’améliorer.

Les autres géorgiens t’ont-ils aidé à t’intégrer ?

Usha (Tcheishvili) et moi sommes arrivés ensemble à Montpellier. On a toujours été proches et on s’est beaucoup soutenu mutuellement. Il y avait aussi Misha (Nariashvili), Dudu (Kubriashvili), Gagi (Bazadze) et aujourd’hui Kote (Mikautadze) et Levan (Chilachava). Ils nous ont beaucoup aidés et ils le font encore. Hier, on a travaillé la mêlée avec Misha. J’ai une chance énorme de pouvoir faire ça avec lui qui est un des meilleurs piliers du Top 14. Même s’il est vraiment dur ! (Rires)

Cet été, tu as prolongé jusqu’en 2023. Est-ce un signe que tu te plais, ici, à Montpellier ?

Bien sûr. C’était une belle preuve de confiance de la part du club. Trois ans de contrat, c’est quelque chose de fort. J’en suis très fier et j’espère pouvoir profiter de ces années pour me construire et devenir un vrai joueur de Top 14.

Justement, tu as découvert le Top 14 en début de saison, à Castres. Comment s’est passé ce match pour toi ?

Il y avait des joueurs blessés et lorsque les entraîneurs m’ont annoncé que j’allais jouer, j’étais vraiment très content mais aussi très stressé. Je pensais que je ne rentrerais pas… Finalement, j’ai pu jouer pendant dix minutes ! Je suis entré sur une mêlée… Comme vous pouvez l’imaginez, c’était vraiment stressant pour moi qui suis pilier et qui jouait mon premier match en Top 14 ! On a remporté cette mêlée et après ça, j’étais comme un poisson dans l’eau ! Mais le plus dur, ce n’est pas d’y arriver, c’est d’y rester. Mon objectif est de travailler encore plus pour continuer de gravir les marches.

Tu es un gros travailleur. Cela vient-il de ton éducation ?

Quand j’étais petit, ma famille n’avait pas beaucoup d’argent et mon père travaillait beaucoup. De plus, c’était une période difficile en Géorgie. Ça m’a appris à être fort. C’est de là que vient mon goût du travail : je n’aime pas être derrière quelqu’un. J’ai commencé le rugby car je ne voulais pas rester dans le quartier à faire des bêtises comme beaucoup de mes amis… J’ai fait un test au MHR à l’âge de 15 ans et l’année suivante, j’emménageais à Montpellier. Pour cela, je ne regrette pas du tout mon choix !

 

Crédit photo : Erwan Maitre