• Centre de formation
  • ChroniqueChronique

Graines de cistes #08 : Samuel Maximin

Le 20 février 2020

Malgré les coups durs et les blessures, Samuel Maximin garde toujours le sourire. Une « positive attitude » qui fait sans doute la force de ce jeune homme au gabarit élancé qui a commencé le rugby sur le tard, suivant les traces de son grand frère Jimi dont il n’est jamais bien loin.

Pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Samuel Maximin, je suis né à Paris mais j’ai grandi à Chartres où j’ai commencé le rugby à 15 ans. A 16 ans, quand je suis arrivé à Montpellier, j’ai rejoint l’équipe Crabos. Lors de ma première année, j’ai connu plusieurs blessures donc je n’ai vraiment joué qu’en seconde partie de saison. Lors de la seconde année, j’ai été plus performant ce qui m’a valu d’être appelé en équipe de France U18. Tout cela m’a permis d’obtenir un contrat Espoir au sein du MHR. Cet été, j’ai même eu la chance de m’entraîner avec l’équipe première avant de me fracturer le scaphoïde…

Comment tu en es venu à jouer au rugby ?

C’est mon frère, avec qui j’ai deux ans d’écart, qui m’a donné l’envie de me lancer dans le rugby : le fait de le voir évoluer, d’être sélectionné en Equipe de France espoir… Il m’envoyait les vidéos de ses matchs et ça me donnait envie de jouer et de vivre la même chose que lui. L’occasion s’est présentée au collège quand un ami m’a proposé de venir essayer le rugby avec lui. J’ai accepté et au premier entraînement j’ai réussi un gros placage sur un joueur. Cela m’a plu et m’a donné envie de continuer.

C’est donc ta troisième saison à Montpellier. Tu es entré au centre de formation cette saison et tu t’entraînes avec l’équipe première depuis le début de la saison. Peux-tu nous faire un retour sur ces premiers mois avec les joueurs professionnels ?

C’était dur ! (Rire) Au niveau cardio, et même physique, ils me mettent tous 20 kg. Je suis donc obligé de m’appliquer techniquement, de bien me baisser pour plaquer et de faire très attention. Cela m’a apporté beaucoup d’expérience. J’ai vraiment progressé sur ma manière de plaquer grâce à eux. J’ai également fait deux matchs amicaux. Même si je n’ai joué au final qu’une dizaine de minutes, cela m’a tout de même permis de découvrir le haut niveau, la vitesse du jeu, l’impact physique… J’ai eu un bon retour du staff qui m’a dit que je montais parfois trop vite et que je devais faire attention à ne pas vouloir trop en faire. Mais j’avais vraiment envie de jouer et de bien faire !

Tu le disais tout à l’heure, tu as ensuite connu une période un peu difficile avec ta fracture au scaphoïde… comment cela se passe pour toi maintenant ?

J’ai été blessé environ cinq mois. Pendant ce temps où je n’ai pas pu jouer, j’ai fait beaucoup de musculation pour le bas du corps parce que je manquais de jambes mais aussi du cardio. J’ai aussi, bien sûr, rééduqué mon poignet !  J’ai repris l’entraînement la semaine dernière et dès mardi j’étais avec les pros. Parallèlement, j’ai aussi joué 75 minutes avec les Espoirs contre Paris. On a accroché une victoire qui nous relance un peu dans le championnat et on repart dans une bonne dynamique ! Je pense que ça va aller mieux et que la mauvaise période est passée !  

A cette occasion, tu as pu rejouer avec ton frère, Jimi, qui a lui aussi eu des problèmes physiques…

Il a eu un problème à l’épaule mais il avait repris la compétition quelques temps avant moi. On avait disputé un match amical contre Nîmes ensemble en début de saison mais c’est vrai que c’était notre premier match officiel tous les deux.

Qu’est-ce que ça fait de jouer avec son frère ?

Avec mon frère, on est très proche. Ça fait bizarre de jouer avec lui. J’ai l’impression d’avoir plus confiance en moi sur le terrain lorsqu’il est là. On a parfois du mal à faire confiance aux coéquipiers, au niveau des plaquages, de la montée, alors que Jimi et moi on se connaît par cœur, on se trouve bien sur le terrain. S’il loupe un plaquage, je le rattrape derrière.  (Rire)

Suite à ce premier match officiel contre Paris, tu reçois une convocation pour l’équipe de France U20 développement, une première même si tu avais connu France U18 auparavant. Comment as-tu réagi et quel est ton état d’esprit avec ces nouvelles échéances qui arrivent ?

J’ai envie de montrer qu’ils ne m’ont pas sélectionné pour rien. Avant de recevoir la convocation, j’ai reçu un message de Jean-Philippe Lacoste qui m’annonçait ma sélection et j’ai lâché un petit cri de joie, j’étais content. (Rires) Aujourd’hui, j’ai reçu la convocation et j’ai repoussé mon petit cri !  Je suis heureux et j’ai hâte. C’est ma saison qui démarre !

Quels sont tes objectifs à présent ?

C’est vraiment de toucher au haut niveau, de commencer à découvrir le monde professionnel. Je sais qu’il me manque un peu de poids. Je dois également travailler la technique, rester le plus proche possible des pros et, pourquoi pas, essayer de jouer quelques matchs.

Qu’est-ce que tu penses que tu dois travailler, hormis le poids ?

Il faut que je travaille mes ballons aériens, c’est un domaine que je dois perfectionner, mais aussi perfectionner mes plaquages, ma vision de jeu, mes passes.

Et quand tu n’es ni en cours, ni au rugby, que fais-tu de ton temps libre ?

Beaucoup de repos ! Jimi et moi sommes voisins au centre de formation donc on passe pas mal de temps ensemble à regarder la des séries ou des matchs…  

Qu’est-ce que tu aurais fait si tu n’avais pas eu le rugby ?

Je ne sais pas… Avant de venir au rugby, à 15 ans, je me suis essayé à plein de sports : le foot, l’athlétisme. Malgré mon gabarit, je n’ai jamais fait de basket. J’ai aussi fait du Break dance pendant une période un peu sombre. (Rire) J’ai essayé beaucoup de chose mais je n’accrochais pas alors que le rugby, ça m’a plu de suite. Je dois beaucoup à mon frère et mes parents qui m’amenaient et venaient me chercher au rugby, qui faisaient des allers-retours… J’aimerais les remercier pour tout ça.